Vendre autrement

La vente avec paiement à terme : vendre sans dépendre d'une banque

Un comptant, des mensualités, une durée connue d'avance. Une troisième voie entre la vente classique et le viager, sous deux formes : libre ou occupée.

Qu'est-ce que la vente avec paiement à terme ?

Définition

La vente avec paiement à terme, aussi appelée crédit vendeur, est une vente immobilière dans laquelle l'acheteur devient propriétaire dès la signature chez le notaire, mais règle le prix en plusieurs fois : un comptant à la signature, puis des mensualités échelonnées sur une durée fixée à l'avance. Elle est régie par le droit commun de la vente, articles 1583 et suivants du Code civil.

C'est le vendeur qui joue le rôle de la banque. L'acheteur n'a donc besoin d'aucun crédit bancaire, et le vendeur n'est plus tributaire de la capacité d'un acquéreur à décrocher un financement. C'est une troisième voie, entre la vente classique et le viager.

Elle existe sous deux formes, qui répondent à des situations de vie très différentes : la forme libre et la forme occupée. Cette page vous explique le mécanisme commun aux deux, et vous aide à identifier celle qui correspond à votre situation.

ℹ️ Terminologie

Vente à terme, paiement à terme, crédit vendeur : trois expressions pour un seul mécanisme. Vous croiserez aussi « viager à terme » ou « viager sans aléa ». Ces formules désignent en réalité une vente avec paiement à terme, et ne sont pas des viagers au sens juridique : il n'y a pas d'aléa sur le paiement, puisque la durée est déterminée dès la signature.

🏠
Le vendeur
Joue le rôle de la banque
Comptant + mensualités
Sans impôt sur le revenu
📋
Acte notarié
Transfert de propriété immédiat
Durée fixée à l'avance
Garanties inscrites
🔑
L'acheteur
Propriétaire dès la signature
Prix total connu
Sans crédit bancaire

Libre ou occupée : les deux formes

Le mécanisme de paiement est identique dans les deux cas : un comptant, puis des mensualités sur une durée déterminée. Ce qui change, c'est qui occupe le bien pendant le terme. Et ce choix change tout : le prix, les frais de notaire, le profil de l'acheteur, et votre quotidien.

CritèreVente à terme libreVente à terme occupée
Occupation du bienL'acheteur, dès la signatureLe vendeur conserve un DUH
Condition d'âgeAucuneAucune si le DUH est temporaire
Prix de venteValeur vénale, parfois valoriséeValeur vénale moins la valeur du DUH
Frais de notaireSur la valeur vénale totaleSur la valeur occupée, donc réduits
Mensualités et comptantSans impôt sur le revenuSans impôt sur le revenu
Héritiers protégésOui, mensualités transmisesOui, mensualités transmises
Pour quiTout propriétaire, à tout âgeVendeur qui veut rester chez lui

DUH : droit d'usage et d'habitation. Tableau indicatif : chaque montage dépend de votre situation personnelle, patrimoniale et fiscale.

Forme libre

Vous êtes propriétaire d'un bien que vous n'occupez pas, ou que vous quittez. Vous voulez vendre sans dépendre d'un acheteur finançable par une banque : reconversion, mobilité, séparation, ou simplement un bien qui ne trouve pas preneur.

Aucune condition d'âge.

Tout savoir sur la vente à terme libre →
Forme occupée

Vous voulez rester chez vous tout en percevant un comptant et des revenus réguliers sans impôt sur le revenu. Vous conservez un droit d'usage et d'habitation, et le prix est diminué en conséquence.

Pas de condition d'âge si l'occupation est à durée déterminée.

Tout savoir sur la vente à terme occupée →
🔬
Vous savez quelle forme vous correspond ? Chiffrez-la.

Comptant, mensualités, durée : le simulateur calcule en temps réel, gratuitement et sans inscription. Il couvre la vente libre et l'occupation à vie. Il vous donne un ordre de grandeur, pas un montage : une occupation à durée déterminée, comme le calibrage réel du comptant et des clauses, passe par une étude.

Ouvrir le simulateur

La question de l'âge : la distinction qui change tout

On résume souvent la vente à terme occupée à une condition d'âge de 65 ans. C'est un raccourci, et il prive de la formule des vendeurs pour qui elle serait pourtant adaptée.

La bonne question n'est pas votre âge. C'est : votre droit d'usage et d'habitation est-il à durée déterminée, ou viager ?

DUH à durée déterminée : aucune condition d'âge

Vous conservez le bien pendant une durée fixée à l'acte : cinq ans, dix ans, le temps qu'un projet aboutisse ou qu'un enfant termine ses études. La valeur de cette occupation se calcule sur une durée connue, indépendamment de votre espérance de vie.

Résultat : vous pouvez avoir 45 ans comme 80 ans. Il n'y a aucun aléa, ni sur le paiement, ni sur l'occupation. Tout est déterminé dès la signature.

À noter : notre simulateur ne traite que l'occupation à vie. Le DUH à durée déterminée ne se calcule pas sur une table de mortalité mais sur la valeur locative actualisée : il passe par une étude personnalisée. Demandez-la, elle est gratuite.

DUH viager : l'âge redevient un paramètre

Vous conservez le bien jusqu'à votre décès. La valeur de l'occupation se calcule alors sur votre espérance de vie : plus vous êtes jeune, plus la décote est forte, et plus le prix restant à percevoir est faible.

C'est ici, et uniquement ici, qu'il est généralement conseillé d'attendre 65 à 70 ans pour que le montage reste financièrement pertinent. Notez que l'aléa porte alors sur l'occupation, jamais sur le paiement : les mensualités restent dues jusqu'au terme prévu, quoi qu'il arrive.

C'est le seul aléa possible dans une vente à terme, et il ne concerne que le calendrier de libération du bien. Le montant total que vous percevez et la date à laquelle vous aurez tout perçu sont, eux, connus dès le premier jour. Toujours.

Ce que vous percevez, et ce que le fisc en prend

Le comptant et les mensualités constituent le prix de vente, pas un revenu. Ils ne relèvent donc d'aucune catégorie de revenu imposable : aucun impôt sur le revenu, aucun prélèvement social sur les sommes perçues.

La comparaison avec le viager est frappante. La rente viagère à titre onéreux, elle, est imposable à l'impôt sur le revenu pour une fraction de son montant, qui dépend de l'âge du vendeur au premier versement (article 158, 6 du Code général des impôts).

Âge du vendeur au 1er versementRente viagère : fraction imposable à l'IRVente à terme : mensualités
50 à 59 ans50 %0 %
60 à 69 ans40 %0 %
70 ans et plus30 %0 %

Fractions imposables de la rente viagère à titre onéreux, article 158, 6 du CGI. Dans une vente à terme, les mensualités constituent le prix et ne sont soumises ni à l'impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux.

Deux précisions honnêtes, que nous préférons donner d'emblée :

La plus-value reste imposable. Seule la plus-value immobilière éventuelle est taxée, selon le régime de droit commun (articles 150 U et suivants du CGI), avec les abattements pour durée de détention. Si le bien est votre résidence principale, elle est exonérée.

Des intérêts changeraient tout. Si le montage prévoyait des intérêts sur le solde, ceux-ci seraient imposables comme revenus de créances. C'est précisément pour cela que nos montages sont sans intérêts : le prix est simplement échelonné, et indexé. C'est ce qui rend la formule fiscalement propre.

L'indexation : la clause qui décide de votre pouvoir d'achat

Sur un terme de quinze ou vingt ans, une mensualité qui ne bouge pas perd une part significative de sa valeur. L'indexation corrige cela en revalorisant les mensualités chaque année selon un indice prévu à l'acte.

Elle n'est pas automatique. Contrairement à ce qui se pratique en viager, l'indexation d'une vente à terme n'existe que si elle a été expressément stipulée dans l'acte notarié. Une vente à terme sans clause d'indexation est parfaitement valable, et parfaitement défavorable au vendeur.

⚠️ Le piège de l'indice mal choisi

L'indice retenu doit avoir une relation directe avec l'objet du contrat ou l'activité de l'une des parties (articles L.112-1 et L.112-2 du Code monétaire et financier). À défaut, la clause d'indexation peut être réputée non écrite : vous vous retrouvez alors avec des mensualités figées pour vingt ans, sans recours. C'est pourquoi on retient l'Indice de Référence des Loyers (IRL), publié trimestriellement par l'INSEE, ou l'Indice du Coût de la Construction (ICC). Jamais un indice exotique, jamais un indice général des prix.

C'est l'une des clauses que nous vérifions systématiquement, à chaque montage, avec le notaire.

Les garanties du vendeur, en trois lignes

Vous jouez le rôle de la banque : vous êtes protégé comme une banque, par l'acte notarié.

🔒 L'hypothèque légale spéciale du vendeur

Anciennement le privilège du vendeur, refondu par la réforme des sûretés de 2021 (article 2402 du Code civil). Elle vous donne un rang prioritaire sur le bien, qui prime tout crédit contracté ensuite par l'acheteur. En Alsace-Moselle, l'inscription est portée au Livre Foncier.

⚖️ La clause résolutoire

En cas de défaut de paiement, elle permet de résoudre la vente et de récupérer le bien. Attention : elle n'est pas une clause magique. Elle suppose une mise en demeure préalable, et l'indemnité conservée peut être réduite par le juge si elle est manifestement excessive. Sa rédaction conditionne son efficacité réelle.

Le détail complet de chaque garantie, avec les points de vigilance de rédaction : vente à terme libre et vente à terme occupée.

Les étapes d'une vente avec paiement à terme

1
Estimation
Valorisation du bien et structuration du montage
2
Avant-contrat
Compromis ou promesse chez le notaire
3
Acte authentique
Transfert de propriété et versement du comptant
4
Mensualités
Solde réglé sur la durée, indexé chaque année
5
Terme
Prix intégralement payé, garanties levées

Et par rapport au viager ?

La différence en une phrase

En viager, la rente est versée à vie : sa durée est aléatoire, le montant total perçu est inconnu à la signature, et la rente s'éteint au décès du vendeur sans rien laisser aux héritiers. En vente à terme, le paiement a un terme défini : le montant total et la date de fin sont connus dès le premier jour, et ce qui reste dû est transmis à vos héritiers.

Ce sont deux logiques différentes, pas une meilleure et une moins bonne. Le viager peut être plus avantageux si vous vivez longtemps.

👉 Viager ou vente avec paiement à terme : le comparatif complet

Vous hésitez encore entre toutes les formules ? Notre guide comparatif des types de viager vous aide à identifier celle qui correspond à votre situation. Et si votre bien ne trouve pas preneur en vente classique, la vente à terme peut débloquer la situation. Elle s'applique à tous types de biens, y compris les terrains.

Questions fréquentes sur la vente avec paiement à terme

C'est une vente immobilière dans laquelle l'acheteur devient propriétaire dès la signature chez le notaire, mais règle le prix en plusieurs fois : un comptant à la signature, puis des mensualités échelonnées sur une durée fixée à l'avance. Elle est régie par le droit commun de la vente (articles 1583 et suivants du Code civil). C'est le vendeur qui joue le rôle de la banque, d'où son autre nom de crédit vendeur.

Aucune, dans deux cas sur trois. En vente à terme libre, il n'y a pas de condition d'âge : un propriétaire de 35 ans peut vendre. En vente à terme occupée avec un droit d'usage et d'habitation à durée déterminée, il n'y en a pas non plus : la durée de l'occupation est fixée contractuellement et ne dépend pas de votre vie. L'âge ne devient un paramètre que dans un seul cas : le DUH viager, c'est-à-dire à vie. Il conditionne alors la valeur économique du droit d'occupation, et il est généralement conseillé d'attendre 65 à 70 ans pour que le montage reste pertinent. Notre simulateur ne couvre que l'occupation à vie : pour un DUH à durée déterminée, le calcul passe par une étude personnalisée.

Non, elles ne sont pas soumises à l'impôt sur le revenu. Les mensualités constituent le paiement échelonné du prix de vente, et non un revenu : elles ne relèvent d'aucune catégorie de revenu imposable. C'est une différence nette avec la rente viagère à titre onéreux, dont une fraction est imposable à l'impôt sur le revenu selon l'âge du crédirentier (article 158, 6 du CGI) : 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. Seule la plus-value immobilière éventuelle est imposée, selon le régime de droit commun (articles 150 U et suivants du CGI), avec les abattements pour durée de détention. Attention : si le montage prévoyait des intérêts, ceux-ci seraient imposables comme revenus de créances. Nos montages sont sans intérêts.

Non. Contrairement à ce qui se pratique en viager, l'indexation n'a rien d'automatique dans une vente à terme : elle doit être expressément stipulée dans l'acte notarié. Elle est pourtant indispensable, car sur un terme de 15 ou 20 ans une mensualité non indexée perd une part significative de son pouvoir d'achat. Point de vigilance : l'indice choisi doit avoir une relation directe avec l'objet du contrat ou l'activité des parties (articles L.112-1 et L.112-2 du Code monétaire et financier), sous peine de voir la clause réputée non écrite. C'est pourquoi on retient l'IRL ou l'ICC, et jamais un indice exotique.

Le mécanisme de paiement est identique : comptant à la signature, puis mensualités sur une durée fixée à l'avance. La différence porte sur l'occupation. En vente à terme libre, l'acheteur dispose du bien dès la signature : il peut l'habiter, le louer ou le revendre. En vente à terme occupée, le vendeur conserve un droit d'usage et d'habitation, et le prix est diminué de la valeur de cette occupation. Les frais de notaire sont alors calculés sur cette valeur occupée, donc réduits.

Non, et c'est la confusion la plus fréquente. Les expressions « viager à terme » ou « viager sans aléa » désignent en réalité une vente avec paiement à terme, mais ce ne sont pas des viagers au sens juridique. Dans un viager, la rente est versée à vie : sa durée est aléatoire et le montant total perçu est inconnu à la signature. Dans une vente à terme, le paiement a un terme défini : le montant total et la date de fin sont connus dès le premier jour. Le comparatif complet est ici.

Oui. Osez Viager est une agence spécialisée en viager et en vente avec paiement à terme, basée en Alsace et intervenant dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. En Alsace-Moselle, les garanties du vendeur sont inscrites au Livre Foncier et non au service de la publicité foncière de droit général : c'est une particularité du droit local, qui n'affecte en rien la solidité de la protection. Via notre réseau de partenaires, nous intervenons également partout en France.
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